Genèse fantasmée - La Fondation de Québec

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Genèse fantasmée

La Pangée
Naissance d'un continent...


Quelques millions d’années avant Jésus-Christ...

Il était une fois la tectonique des plaques...
La croûte terrestre livrée aux courants du manteau, n’est pas statique. Les plaques basaltiques qui la composent jouent entre elles et se déplacent, entraînant avec elles les continents.
Il était une fois donc, dans un passé vieux de 200 millions d’années, un unique continent qui dérivait à la surface du globe : la Pangée.

Plus tard...

Cent trente cinq millions d’années avant Jésus-Christ...
Soumises à des courants contraires, ces terres primitives se divisent lentement en deux blocs : la Laurasie abandonne au sud sa sœur la Gondwana.

Plus tard encore, il y a 65 millions d’années...

La parthénogenèse tellurique se poursuit et chacune des deux nouvelles masses continentales donne naissance à ce qui préfigure alors les cinq continents que nous connaissons aujourd’hui. Au sud, la descendance de Gondwana s’appellerait un jour Amérique du sud, Afrique, Inde, Antarctique, Australie... Au nord, la Laurasie dérive, pivote, s’écartèle. Sa scission plus tardive sculpte à l’ouest l’Amérique du Nord, à l’est l’Europe et l’Asie.
De part et d’autre, sur les lèvres de la déchirure Laurasienne, enfants d’une même terre, le Canada et la France conservent sur leurs côtes la trace de leur séparation…

Le Canada sous la glace...


Il y a 85000 ans, le continent nord-américain traversait une période glaciaire dite Glaciation de Wisconsin : sur une épaisseur allant jusqu'à plus de 3000 mètres, la calotte laurentide s'étend du nord au sud, dépassant le 40e parallèle du côté de l'actuelle Chicago...

Et puis, datant de 11700 ans, un réchauffement climatique met un terme à cette dernière grande glaciation (1). Les glaces reculent, délivrent des masses d'eau qui s'accumulent dans des bassins transitoires comme les Grands Lacs, et ces réservoirs alimentent à leur tour de nouveaux fleuves. Le Mississippi d'abord, puis le Saint-Laurent, dont le lit se creuse de plus en plus profondément.

Lors de ce recul, le continent libéré de sa calotte s'est alors soulevé, selon le principe de l'ajustement isostatique (ou rebond postglaciaire), surtout dans la région de Québec. Le fleuve s'est enfoncé davantage en amont tout en s'élargissant en aval… On explique ainsi la présence sur chaque rive de falaises qui s'élèvent parfois à plus de 100 mètres, et l'étroit caractéristique du Saint-Laurent à Québec…
D'où son nom : Là où la rivière se rétrécit.

Le Saint-Laurent


Cette particularité géologique a également déterminé presque toute la géostratégie colonisatrice du XVe au XVIIe siècle en Amérique du Nord ! Le continent offrait en effet trois accès aux premiers navigateurs :

  • le Mississipi, qui fut la porte espagnole mais que l'on ne pouvait pas facilement remonter à la voile…

  • l'Hudson découvert par Verrazano en 1524 et exploré par la Compagnie des Indes Orientales en 1609, la porte anglaise…

  • le Saint-Laurent enfin, considéré comme la porte française.

Porte française de l'Amérique du nord !


Cette "voie française" qui permet de remonter le fleuve et de pénétrer à l'intérieur des terres, est la meilleure pense-t-on, pour aller vers l'Ouest que tout le monde convoite puisqu'on y cherche la Chine ! Mais à Québec, les vents dominants viennent du nord ou du nord-est, passent par-dessus le plateau de Québec, bien au-dessus du fleuve… S'il tourne au sud-ouest, il passe au-dessus des falaises de Lévis... Dans les deux cas, les navires sont en panne ! C'est ainsi que tant qu'existera la navigation à la voile, Québec restera l'endroit où l'on doit forcément s'arrêter, à moins d'avoir vent arrière avec marée montante !


Voilà pourquoi on s'installe à Québec ; voilà pourquoi tout le monde veut s'emparer de Québec.
Le Saint-Laurent et Québec sont la clef de l'Amérique du Nord. 
(2)

(1) Voir : Article Université Laval (Québec)
(2) Remerciements : 
Jacques Lemieux, historien et géographe, guide agréé à Québec. Voir son article in Histoire Québec, 2008 N°1

 
 
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