Vers la fin du régime français... - La Fondation de Québec

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Vers la fin du régime français...

Chronologie
1715 : la Régence, jusqu'en 1723
  • 1715 : Mort de Louis XIV et instauration de la Régence.


  • 1720 : François-Xavier de Charlevoix, jésuite est envoyé au Canada jusqu’en 1722. Il y explore le Saint-Laurent… Il écrira plus tard (1744) Histoire et Description générale de la Nouvelle-France.

La Régence

A la mort de Louis XIV, en 1715, le Dauphin n'a pas encore 6 ans...
Dans l'attente de sa majorité à 13 ans, on instaure un régime de régence où s'impose Philippe, duc d'Orléans, conseillé par le cardinal Dubois. Mais cette période se poursuit au-delà de 1723 : à la mort du duc d'Orléans, le duc de Bourbon lui succède. Cette régence politique ne prendra fin qu'à la disgrâce du duc de Bourbon, en 1726. C'est alors que le jeune Louis XV choisit comme ministre principal, le très prudent cardinal de Fleury, son ancien précepteur...

1726 : Louis XV jusqu'en 1774
  • 1726 : Le 2 septembre, Claude Thomas Dupuy débarque à Québec pour occuper le poste d’intendant de la Nouvelle-France.

  • Le 18 octobre, l'intendant Michel Bégon de la Picardière retourne en France à bord du vaisseau l’Eléphant, après 14 ans dans la colonie.


  • 1728 : Charles de Beauharnais (ou Beauharnois), Gouverneur général de la Nouvelle-France de 1726 à 1747, ordonne la construction d'un fort dans chaque seigneurie susceptible d'être attaquée par l'ennemi anglais.


  • 1731 : le premier phare maritime est activé à Louisbourg pour assurer la sécurité des navigateurs à l'approche du port…


  • 1733 : Naissance à Saint-Vallier - Québec - en début d'année de Marie-Josephte Corriveau dite "La Corriveau". Elle sera condammnée à mort et pendue le 18 avril 1763 pour le meurtre de son mari. Fait divers qui défraya la chronique et donna naissance à bien des légendes, d'autant que le corps de la suppliciée fut exposé pendant plus d'un mois dans une cage de fer suspendue à un carrefour...


  • 1744 : En Europe, entrée en guerre de l’Angleterre dans le cadre du conflit pour la succession d’Autriche.


  • 1745 : La capitulation de Louisbourg le 17 juin 1745 après un siège de deux mois provoque un climat de panique à Québec. Le gouverneur Charles de Beauharnais donne son accord pour la construction d’une nouvelle enceinte revêtue de maçonnerie et qui ferme la ville en intégrant les éléments de défense antérieurs. Située beaucoup plus à l’ouest de celle de Beaucours, elle permet l’extension de la ville dans cette direction.


  • 1748 : le 18 mars, paix sur le continent Européen entre la France et l’Angleterre, avec le Traité d’Aix la Chapelle. Sur le continent américain, on continue cependant à se battre pour affirmer ou défendre ses possessions. Ainsi colons anglais et colons français se disputent la propriété de la vallée de l’Ohio. Selon les règles en vigueur, la propriété effective de ces terres revient aux Français qui les ont explorent depuis 70 ans… Les Anglais cependant s’appuient sur les voyages de Giovanni et Sebastiano Caboto pour en revendiquer la propriété. Ils ont de plus le soutien actif des Iroquois et des Tuscarosas. Enfin, les plantations anglaises sont à bout : tout est colonisé, on manque de place !


  • 1749 : Nommé gouverneur de Louisbourg, Henri-François Desherbier de L’Etenduère (Angers, 1662 – Rochefort, 1750) embarque à La Rochelle à bord de La Chabanne. Il arrive à destination le 29 juin.


  • 1750 : Une nouvelle carte des possessions françaises en Amérique se dessine.

  • Dans le but d’étendre leurs possessions, les Anglais fondent la Compagnie de l’Ohio. Ils poussent les Amérindiens (Iroquois, Miamis, Mingos, Delawares…) à se soulever contre les Français…
  • En Acadie, ils tentent en avril d’investir une première fois la région de Beaubassin ; mais sont repoussés par les Micmacs entraînés dans la résistance avec les Acadiens par l’abbé Jean-Louis Le Loutre. Ils reviennent et réussissent en septembre de la même année.


  • 1751 : Le 8 juin - Naissance à Québec de Jean Antoine Panet. Il sera notaire, avocat, officier de milice, seigneur, homme politique et juge.


  • 1754 : Le 28 mai un groupe de Virginiens attaquent et massacrent au bivouac une petite troupe française. En représailles les français enlèvent le nouveau fort Anglais de Necessity et contraignent les anglais à la capitulation. Le chef de l’expédition virginienne qui signe la capitulation avec Jumonville s’appelle Georges Washington

Colons en guerre

Tandis que la paix règne toujours sur le continent européen, chacun des deux gouvernements français et anglais soutient discrètement ses colons :
- l’Angleterre envoie Bradock avec deux régiments…
- la France embarque 3000 hommes à Brest

  • 1755 : Le 8 juin, la flotte anglaise coule 3 navires français au large de Terre-Neuve…

  • En Acadie, prise du fort de Beauséjour par les Anglais. Déportation de tous les Acadiens du fort Beauséjour qui n'avaient pas encore fui. De 6000 à 7000 Acadiens sont ainsi déportés vers les colonies américaines.

  • La Déportation occupe une place très importante dans l'histoire acadienne. De 1755 à 1763, la plus grande partie du peuple acadien a été déportée dans les colonies américaines, en Angleterre et en France. Les Acadiens, exilés ou fugitifs, ont traversé une longue période d'errance à la recherche d'une nouvelle terre d'accueil. Les Acadiens survivants de cette période l'ont qualifiée de "grand dérangement".

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  • 1756 : Louis Joseph de Montcalm est nommé commandant des troupes françaises au Canada le 25 janvier 1756. Le 11 mars il est Maréchal de camp…

  • Le 3 avril il embarque à Brest sur la frégate Licorne. Le 13 mai il débarque à Québec pour commander les 3800 hommes de 8 régiments (Royal Roussillon, Languedoc, La Reine, Artois, Guyenne, La Sarre, Béarn et Berry).

  • C’est le 18 mai 1756 que la paix est officiellement rompue entre la France et l’Angleterre.

  • Le fort Oswego sur le lac Ontario est pris par l’armée de Montcalm.

  • Les Indiens sèment la terreur sur les frontières anglo-américaines que Georges Washington tente de protéger avec quelques centaines d’hommes. L’invasion française est possible…


  • 1757 : Après quelques succès spectaculaires de l’armée française en Amérique, l’Angleterre se prépare à passer une année difficile. Les Britanniques imaginent même la possibilité d’une invasion de leurs colonies par une armée constituée en Europe. Mais William Pitt est nommé Premier Ministre. Il développe une stratégie militaire autant en Europe qu’en Amérique où il prépare une offensive totale pour 1758.


  • 1758 : Prise de Louisbourg et déportation en France des Acadiens du Cap-Breton et de l'île Saint-Jean. Chasse à l'homme, aux Acadiens, pour les forcer à se rendre et leur faire prendre le chemin de l'exil. Près de la moitié des 15000 à 16000 Acadiens meurent de maladie, de noyade, de misère ou de faim.

  • 8 juillet : bataille de Fort Carillon, à Ticonderoga, où les troupes françaises de Montcalm résistent victorieusement à l'assaut des forces anglaises pourtant très supérieures en nombre. Carillon, abandonné aux Anglais par les Français l'année suivante, sera repris par les Américains en 1777.


  • 1759 : Le siège de Québec par les Anglais.

  • C’est Samuel Holland qui a tracé une carte du golfe et du fleuve Saint-Laurent en vue du siège. Il prend part à la bataille des Plaines et à celle de Sainte-Foy en 1760.

  • 13 septembre : bataille des plaines d’Abraham.

  • Montcalm décide une sortie et engage un affrontement contre les troupes anglaise de Wolfe. Il a sous ses ordres 4500 hommes dont plus de la moitié est constituée de miliciens civils venus de la région de Québec, de Trois-Rivières, de Montréal et d’Acadie.

La bataille des Plaines d'Abraham ne dure pas une heure...

On compte parmi les miliciens quelques amérindiens et 140 acadiens recrutés parmi les centaines de réfugiés qui ont fui l’Acadie en 1758, encore habités par le souvenir de leurs familles déportées et de leurs villages incendiés.
Le premier affrontement ne dure que quinze minutes. Montcalm est blessé. En effectifs moindres, les Français battent rapidement en retraite et vers 10h15 les Anglais font mouvement à leur poursuite. Mais la résistance prend forme autour des miliciens qui s’entendent plus en escarmouches qu’en batailles rangées. Wolfe est tué. Les unités britanniques sont un moment livrées à la confusion. Plusieurs phases de résistance et de combats féroces se succèdent pour se terminer vers 11h autour d’une boulangerie (sur le site actuel des Jardins Saint-Roch, rue Saint-Vallier) où les miliciens canadiens et acadiens se battent jusqu’au dernier… On compte 200 morts parmi eux, autant que la somme des soldats français et anglais tués sur les Plaines.

  • 14 septembre : Montcalm meurt des suites de sa blessure. Il est enterré le jour même dans la chapelle du couvent de Ursulines.

  • 18 septembre 1759 : Québec se rend…


  • 1760 : François de Lévis affecté à la défense de Montréal et qui a pris le commandement de l'armée française après la mort de Montcalm marche sur Québec et tente de reprendre la ville. Il enlève Sainte-Foy, assiège Québec mais doit battre en retraite à l'arrivée de renforts britanniques. Il se retranche sur l'Île Sainte-Hélène, près de Montréal qui va tomber. C'est là qu'avec ses officiers, à la veille de la capitulation du 8 septembre, il fait brûler les drapeaux des régiments français.

  • Le Canada entier est occupé par les Anglais.

  • C’est en octobre de cette année que Voltaire écrit à Choiseul : "Si j’osais, je vous conjurerais à genoux de débarrasser pour jamais du Canada le ministère de la France. Si vous le perdez, vous ne perdez rien. Si vous voulez qu’on vous le rende, on ne vous rend qu’une cause éternelle de guerre et d’humiliation."


  • 1763 : Le Traité de Paris attribue définitivement le Canada aux Anglais en 1763. La guerre cesse entre la France et l'Angleterre, mettant ainsi un terme aux déportations des Acadiens.

  • Le 7 octobre, une ordonnance royale (George III), désigne la vallée du Saint-Laurent par le nom de "Province of Quebec". On notera que c'est la première fois que l'on utilise cette appellation...

Les Acadiens...

... ont été dispérsés en Angleterre, en France, dans les colonies américaines (Louisiane et autres), aux Antilles, etc. Quelques-uns se cachent encore dans les bois des Provinces Maritimes (A l'est du Canada). En huit ans environ 10000 Acadiens ont été déportés, soit environ 75% de la population acadienne. En Acadie, leurs terres sont désormais occupées par 8000 nouveaux colons ou planteurs de la Nouvelle-Angleterre.

A Québec, au moment du Traité de Paris, les Anglais ne sont pas assez nombreux pour imposer leur langue... L'exception linguistique de la future Province du Québec naît au lendemain de l'occupation britannique.

Plus tard…

Les autorités anglaises permettent aux Acadiens de revenir, mais on ne leur restitue pas leurs terres. Un grand nombre d'entre eux se rendent de préférence dans la région de Québec.
Plus nombreux encore sont ceux qui s'installent, contraints et forcés, en Louisiane ; une minorité revient en ancienne Acadie. Le gouvernement d'Halifax les oblige à s'établir par petits groupes le long des côtes des trois provinces Maritimes actuelles. Ils étaient pour la plupart cultivateurs, c'est désormais aussi de la pêche qu'il vont essayer de tirer quelques revenus... Ils vivront ainsi isolés et pauvres pendant plus d'un siècle soutenus par des missionnaires de France et du Québec. En 1850, il n'y avait encore qu'un seul prêtre acadien, l'abbé Sylvain Poirier de l'île du Prince Edouard.

 
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